N° 12 · ESG · Méthode
Construire un portefeuille aligné avec ses valeurs
Aligner son portefeuille avec ses valeurs ne signifie pas tout sacrifier à la performance, ni acheter n'importe quel produit étiqueté « green ». C'est un travail explicite, structuré, qui prend une journée par an. Voici la méthode.
Étape 1 : définir ses lignes rouges
Avant de chercher des produits, écrire noir sur blanc ce qu'on refuse de financer. Liste typique : énergies fossiles, armement, tabac, jeux d'argent, paradis fiscaux. À étendre selon ses convictions.
Pour chaque ligne rouge, fixer un seuil. « Pas du tout » (0 % de CA), « pas dominant » (< 10 %), « pas leader » (< 25 %). Le seuil détermine combien d'entreprises restent dans l'univers d'investissement.
Une liste réaliste : 5 à 8 lignes rouges. Au-delà, l'univers devient si étroit que la diversification souffre — il faudra accepter une volatilité supérieure et un horizon plus long.
Étape 2 : choisir l'approche
Exclusion stricte : on retire tout ce qui dépasse les seuils. Simple, lisible, mais réduit l'univers et peut concentrer le portefeuille.
Best-in-class : dans chaque secteur, on garde les meilleurs sur les critères ESG. Maintient la diversification, mais conserve par construction des secteurs problématiques (fossiles par exemple).
Impact / thématique : on cible des activités explicitement positives (renouvelables, eau, santé, économie circulaire). Forte cohérence, faible diversification, volatilité supérieure.
Engagement actionnarial : on garde les entreprises problématiques mais on vote activement pour les faire évoluer. Demande des fonds qui font vraiment ce travail (rare pour les particuliers).
Étape 3 : construire la maquette
Définir un mix actions/obligations cohérent avec son horizon et sa tolérance au risque (voir cours « Actions, obligations, ETF »).
Décliner la poche actions : un ETF mondial ESG comme socle (40 à 60 %), un ETF émergents ESG (10 à 15 %), une ou deux briques thématiques d'impact (renouvelables, eau, santé — 10 à 20 %).
Décliner la poche obligations : ETF obligations vertes (« green bonds ») souverains et corporate, ou fonds obligataire ISR.
Garder une poche liquidités sur livret durable (LDDS) qui finance partiellement les PME et l'économie sociale.