N° 09 · ESG · Réglementation
Labels ISR, Greenfin, Article 8/9 SFDR
ISR, Greenfin, Finansol, Article 8, Article 9, Towards Sustainability, B-Corp… Les labels se multiplient sans se ressembler. Voici l'inventaire des principaux, ce qu'ils contrôlent vraiment, et une hiérarchie de confiance.
Le label ISR français (refondu en 2024)
Créé en 2016 par le Ministère de l'Économie. Longtemps critiqué pour son laxisme : il a pu être attribué à des fonds détenant TotalEnergies en première ligne. Refonte fin 2023 / début 2024 : critères durcis.
Nouveaux critères : exclusion des entreprises avec plus de 5 % de CA fossile non conventionnel (charbon, sables bitumineux, gaz de schiste), exclusion du tabac, alignement transition climatique exigé pour les énergéticiens conservés, suppression des 20 % moins-disants (best-in-universe).
Conséquence : environ 20 % des fonds labellisés avant 2024 ont perdu le label. C'est désormais un signal plus fiable, sans être un gage absolu d'engagement. Le label est gratuit, ce qui facilite son adoption.
Le label Greenfin (anciennement TEEC)
Plus strict que l'ISR sur le volet environnemental. Géré par le Ministère de la Transition écologique. Exclut totalement les énergies fossiles (y compris le gaz « transition ») et le nucléaire.
Cible obligatoire : 75 % minimum du portefeuille dans des activités de transition écologique (énergies renouvelables, efficacité énergétique, transports propres, bâtiments verts, économie circulaire).
Peu de fonds le portent (< 100 en France), souvent thématiques (infrastructures vertes, immobilier vert). Label le plus exigeant côté E, mais univers d'investissement étroit et concentré.
Le label Finansol (finance solidaire)
Label différent : il certifie des produits d'épargne solidaire qui financent des projets à fort impact social ou environnemental (insertion par l'emploi, logement social, agriculture bio, énergies renouvelables locales).
Mécanique typique : 5 à 10 % du fonds investi directement dans des entreprises solidaires non cotées, le reste sur des supports classiques ou ESG. Option « 100 % solidaire » aussi possible.
Univers très réduit, performance souvent inférieure aux marchés (les actifs solidaires non cotés rapportent moins). C'est un choix de cohérence éthique, pas d'optimisation financière.