N° 05 · Avancé · Gestion du risque
Risque & volatilité : lire un drawdown sans paniquer
La principale cause de mauvaise performance n'est pas le mauvais choix de produit. C'est la vente en panique au creux d'une baisse. Ce cours pose les concepts qui permettent de tenir psychologiquement quand ton portefeuille affiche -25 %.
Volatilité : la mesure de l'agitation
La volatilité, c'est en gros la « moyenne des à-coups », exprimée en % par an. Le grand indice américain S&P 500 a une volatilité historique d'environ 15 à 18 %. Traduction : environ 68 % du temps, sa performance annuelle est entre -11 % et +25 % (autour d'une moyenne ~7 %).
Plus la volatilité est élevée, plus le bruit court terme est fort. Action individuelle : ~40 %. ETF actions monde : ~15 %. Fonds obligataire : ~5 %. Livret : 0 %.
Détail important : la volatilité compte les hausses comme les baisses. Un actif qui fait +30 % puis -25 % apparaît très volatil, alors qu'il a globalement progressé.
Drawdown : la baisse qu'on vit vraiment
Le drawdown, c'est l'écart entre un plus haut et le creux qui suit. Ton portefeuille passe de 100 000 € à 70 000 € avant de remonter : drawdown = -30 %. C'est ce chiffre-là qui décide si tu tiens ou si tu vends en panique.
Drawdowns historiques d'un ETF actions monde : -55 % en 2008, -34 % en mars 2020, -25 % en 2022. Ces baisses ne sont pas exceptionnelles — elles font partie du jeu.
La durée compte autant que la profondeur. Après 2008, il a fallu ~5 ans pour retrouver les plus hauts. Après mars 2020, quelques mois. Après la bulle internet (2000), 13 ans pour le Nasdaq. C'est la « période de récupération ».
Les biais psychologiques qui détruisent les rendements
Aversion à la perte (Kahneman & Tversky, Nobel) : la douleur de perdre 100 € est ~2 fois plus intense que le plaisir d'en gagner 100. Ce biais pousse à vendre en baisse, exactement quand il ne faut pas.
Effet de récence : on croit que ce qui se passe maintenant va continuer pour toujours. En 2022, beaucoup ont vendu en pensant « ça va continuer à baisser ». Rebond de +25 % en 2023. Rater une seule grosse journée de rebond peut coûter 1 à 2 % de rendement annualisé sur 10 ans.
Sur-confiance : après une hausse, on se croit malin. Après une baisse, on devient ultra-prudent. Les deux excès coûtent cher.